La négative négation

Il était encore une fois, un petit cochon rose et mignon comme un savon 
sur son chemin quotidien plein d’entrain, croisa le hérisson grognon.

« Comme je vous vois la mine radieuse dessous vos poils piquants, lui dit-il,
je suis de ceux pour qui, croyez m’en, la trogne est plus précieuse que le qu’en-dira-t-on »

« Non, répondit le hérisson, les gens ne sont pas viles comme tu le dis ! Ils m’aiment pour de bon ! 
Quelle mouche te pique soudain de me toiser ainsi, après des lustres que nous nous tutoyons ?! »

« Pardon, je vous en prie, reprit le goret cramoisi, jamais je n’ai songé sembler désobligeant »

« Non, répondit le hérisson, j’ai l’habitude des vexations; elles s’empalent sur mon dos rond et tu ne m’en vois pas ravi !»

Il me semble clair, mes chers compères, qu’il est des caractères contrariés qui ne s’animent qu’en contrariant.

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